🔢Dénombrement et combinatoire

Cours de mathématiques · Terminale

Compter sans énumérer ! Le dénombrement donne des outils pour compter le nombre de façons de choisir, d'ordonner ou de tirer des objets : principe multiplicatif, permutations (n!n!), arrangements et combinaisons (nk)\binom{n}{k}. C'est la base indispensable des probabilités.

Ce que tu vas savoir faire

  • ✓Utiliser le principe multiplicatif pour compter des choix successifs
  • ✓Distinguer pp-uplet, permutation, arrangement et combinaison
  • ✓Calculer n!n! et reconnaître une permutation de nn objets
  • ✓Calculer une combinaison (nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}
  • ✓Utiliser la symétrie et le triangle de Pascal

Principe multiplicatif et p-uplets

Règle

Principe multiplicatif. Si une expérience se décompose en kk étapes successives, et si l'étape 11 offre n1n_1 possibilités, l'étape 22 en offre n2n_2, …, l'étape kk en offre nkn_k (chaque nombre étant indépendant des choix précédents), alors le nombre total de résultats est :

n1×n2×⋯×nk.n_1\times n_2\times\cdots\times n_k.

Un pp-uplet (ou pp-liste) d'un ensemble EE à nn éléments est une liste ordonnée de pp éléments de EE, avec répétitions autorisées. Le nombre de pp-uplets est :

n p.n^{\,p}.

C'est le cas typique d'un tirage successif avec remise, ou d'un code à pp caractères choisis parmi nn symboles.

Méthode

Pour compter avec le principe multiplicatif :

  1. Découpe le choix en étapes successives.
  2. Compte le nombre de possibilités à chaque étape.
  3. Multiplie tous ces nombres.
  4. Demande-toi si l'ordre compte (oui ici) et s'il y a remise (répétitions autorisées ⇒ pp-uplet, donc n pn^{\,p}).
Exemple

Combien de codes de 33 chiffres (de 00 à 99) peut-on former ?

Chaque position offre 1010 choix indépendants (avec remise), donc : 10×10×10=103=1000 codes.10\times 10\times 10 = 10^{3} = 1000 \text{ codes.}

Astuce

⚠️ « Avec remise » et « l'ordre compte » ⇒ pp-uplet (npn^p). Si l'ordre ne compte pas ou s'il n'y a pas de remise, ce n'est PLUS npn^p : c'est un arrangement ou une combinaison.

Permutations et factorielle

Règle

Factorielle. Pour un entier n≥1n\ge 1, on note :

n!=n×(n−1)×⋯×2×1,n! = n\times(n-1)\times\cdots\times 2\times 1,

et par convention 0!=10!=1. Ainsi 1!=11!=1, 2!=22!=2, 3!=63!=6, 4!=244!=24, 5!=1205!=120, 6!=7206!=720.

Permutation. Une permutation d'un ensemble à nn éléments est une façon d'ordonner ces nn éléments (les ranger les uns à la suite des autres, sans répétition). Le nombre de permutations de nn objets est :

n!.n!.

Intuition : on a nn choix pour la première place, puis n−1n-1 pour la deuxième, …, 11 pour la dernière, d'où le produit.

Méthode

Pour reconnaître une permutation :

  1. Vérifie qu'on utilise tous les nn éléments.
  2. Vérifie que l'ordre compte et qu'il n'y a pas de répétition.
  3. Le résultat est alors n!n!.
Exemple

De combien de façons peut-on ranger 55 livres distincts sur une étagère ?

On ordonne les 55 livres, donc c'est une permutation : 5!=5×4×3×2×1=120.5! = 5\times 4\times 3\times 2\times 1 = 120.

Astuce

🧠 Retiens 0!=10!=1 (ce n'est pas 00 !). Cette convention rend les formules d'arrangements et de combinaisons cohérentes.

Arrangements

Règle

Un arrangement de pp éléments parmi nn (avec 0≤p≤n0\le p\le n) est une liste ordonnée de pp éléments deux à deux distincts choisis dans un ensemble à nn éléments : c'est un tirage successif sans remise. Leur nombre est :

An p=n×(n−1)×⋯×(n−p+1)=n!(n−p)!.A_n^{\,p}=n\times(n-1)\times\cdots\times(n-p+1)=\dfrac{n!}{(n-p)!}.

Il y a exactement pp facteurs au numérateur, qui descendent de nn jusqu'à n−p+1n-p+1. Le mot-clé est : ordre + sans remise.

Méthode

Pour calculer un arrangement An pA_n^{\,p} :

  1. Vérifie que l'ordre compte et qu'il n'y a pas de remise.
  2. Pars de nn et multiplie en descendant, en t'arrêtant après pp facteurs (le dernier est n−p+1n-p+1).
  3. (Ou bien applique An p=n!(n−p)!A_n^{\,p}=\dfrac{n!}{(n-p)!}.)
Exemple

Dans une course de 88 chevaux, combien de podiums (1er, 2e, 3e) sont possibles ?

L'ordre compte, sans remise, p=3p=3 parmi n=8n=8 : A8 3=8×7×6=336.A_8^{\,3}=8\times 7\times 6 = 336.

Astuce

🔎 Une permutation est un arrangement particulier : An n=n!0!=n!A_n^{\,n}=\dfrac{n!}{0!}=n!. Et An 1=nA_n^{\,1}=n.

Combinaisons

Règle

Une combinaison de kk éléments parmi nn est un sous-ensemble (une partie) à kk éléments d'un ensemble à nn éléments : ici l'ordre ne compte pas et il n'y a pas de répétition. Leur nombre, noté (nk)\binom{n}{k} (lire « kk parmi nn »), vaut :

(nk)=n!k! (n−k)!.\binom{n}{k}=\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}.

On passe de l'arrangement à la combinaison en divisant par k!k!, car chaque sous-ensemble de kk éléments peut être ordonné de k!k! façons :

(nk)=An kk!.\binom{n}{k}=\dfrac{A_n^{\,k}}{k!}.

Cas particuliers : (n0)=1\binom{n}{0}=1, (nn)=1\binom{n}{n}=1, (n1)=n\binom{n}{1}=n.

Méthode

Pour calculer (nk)\binom{n}{k} :

  1. Choisis le plus petit entre kk et n−kn-k (symétrie).
  2. Écris An k=n(n−1)⋯(n−k+1)A_n^{\,k}=n(n-1)\cdots(n-k+1) au numérateur (kk facteurs).
  3. Divise par k!k!.
  4. Simplifie avant de multiplier pour éviter les gros nombres.
Exemple

Combien de mains de 22 cartes parmi 55 ?

L'ordre ne compte pas, donc c'est une combinaison : (52)=5×42×1=202=10.\binom{5}{2}=\dfrac{5\times 4}{2\times 1}=\dfrac{20}{2}=10.

Autre exemple : (53)=5×4×33×2×1=606=10\binom{5}{3}=\dfrac{5\times 4\times 3}{3\times 2\times 1}=\dfrac{60}{6}=10 (on retrouve (52)\binom{5}{2} par symétrie).

Astuce

⚠️ Ne confonds pas arrangement et combinaison : « podium, classement, code » ⇒ ordre ⇒ arrangement ; « équipe, comité, main de cartes » ⇒ pas d'ordre ⇒ combinaison.

Propriétés : symétrie et triangle de Pascal

Règle

Les combinaisons vérifient deux propriétés essentielles.

Symétrie. Pour 0≤k≤n0\le k\le n : (nk)=(nn−k).\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}. Choisir les kk éléments qu'on prend revient à choisir les n−kn-k qu'on laisse.

Relation de Pascal. Pour 1≤k≤n1\le k\le n : (n−1k−1)+(n−1k)=(nk).\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}. Elle permet de construire le triangle de Pascal, où chaque terme est la somme des deux situés juste au-dessus :

11112113311464115101051\begin{array}{cccccc}1\\ 1 & 1\\ 1 & 2 & 1\\ 1 & 3 & 3 & 1\\ 1 & 4 & 6 & 4 & 1\\ 1 & 5 & 10 & 10 & 5 & 1\end{array}

La ligne nn donne les (n0),(n1),…,(nn)\binom{n}{0},\binom{n}{1},\dots,\binom{n}{n}. Enfin, la somme d'une ligne vaut ∑k=0n(nk)=2 n\displaystyle\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{\,n} : c'est le nombre total de parties d'un ensemble à nn éléments.

⭐ Pour les curieux — pourquoi ça marche ? La relation de Pascal se voit d'un coup. Pour choisir kk éléments parmi nn, fixons un élément témoin, disons Tom. Soit on prend Tom : il reste alors k−1k-1 éléments à choisir parmi les n−1n-1 autres, soit (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1} façons. Soit on laisse Tom : on choisit les kk éléments parmi les n−1n-1 autres, soit (n−1k)\binom{n-1}{k} façons. Ces deux cas n'ont aucun chevauchement et couvrent tout, donc on les additionne : (n−1k−1)+(n−1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}. Quant à ∑k=0n(nk)=2 n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{\,n}, c'est encore plus parlant : pour fabriquer une partie, on passe les nn éléments en revue et pour chacun on dit « dedans » ou « dehors », soit 2×2×⋯×2=2 n2\times 2\times\cdots\times 2=2^{\,n} choix — et trier ces parties selon leur taille kk redonne la somme des (nk)\binom{n}{k}.

Méthode

Pour utiliser le triangle de Pascal :

  1. Démarre chaque ligne et chaque fin de ligne par 11.
  2. Chaque case = somme des deux cases au-dessus (relation de Pascal).
  3. Lis (nk)\binom{n}{k} à la ligne nn, position kk (en comptant à partir de k=0k=0).
Exemple

Vérifions (41)+(42)=(52)\binom{4}{1}+\binom{4}{2}=\binom{5}{2} : (41)+(42)=4+6=10=(52).  ✓\binom{4}{1}+\binom{4}{2}=4+6=10=\binom{5}{2}.\;✓

Et la symétrie : (52)=(53)=10\binom{5}{2}=\binom{5}{3}=10. ✓

Astuce

💡 La symétrie fait gagner du temps : pour (108)\binom{10}{8}, calcule plutôt (102)=10×92=45\binom{10}{2}=\dfrac{10\times 9}{2}=45.

Choisir le bon modèle de dénombrement

Règle

Pour compter, il faut d'abord identifier la situation en se posant deux questions :

  1. L'ordre compte-t-il ? (« podium, code, classement » ⇒ oui ; « comité, main, équipe » ⇒ non).
  2. Y a-t-il répétition / remise ? (un même élément peut-il apparaître plusieurs fois ?).

Le tableau de synthèse :

∙\bullet Ordre oui, répétition oui ⇒ pp-uplet : n pn^{\,p}.

∙\bullet Ordre oui, répétition non ⇒ arrangement : An p=n!(n−p)!A_n^{\,p}=\dfrac{n!}{(n-p)!}.

∙\bullet Ordre non, répétition non ⇒ combinaison : (nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}.

∙\bullet Cas particulier : on ordonne tout (p=np=n, sans répétition) ⇒ permutation : n!n!.

Méthode

Pour choisir le bon outil :

  1. Demande-toi si l'ordre compte.
  2. Demande-toi s'il y a répétition possible.
  3. Croise les deux réponses dans le tableau pour obtenir la formule à appliquer.
Exemple

« Combien de podiums (1er, 2e, 3e) parmi 88 ? » : ordre oui, répétition non ⇒ arrangement A8 3=336A_8^{\,3}=336.

« Combien d'équipes de 33 parmi 88 ? » : ordre non, répétition non ⇒ combinaison (83)=56\binom{8}{3}=56.

Astuce

🧭 Une même donnée (33 parmi 88) donne A83=336A_8^3=336 ou (83)=56\binom{8}{3}=56 selon que l'ordre compte ou non : c'est la question de l'ordre qui tranche.

Tu as lu le cours ? Passe à la pratique.

Un coach IA te guide sans jamais donner la réponse, avec des exercices et des quiz sur ce chapitre. Version d'essai gratuite, sans limite de durée.

S'entraîner avec le coach IA — gratuit