📈Suites géométriques

Cours de mathématiques · Première

Raison, terme général un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n, somme des termes, comparaison entre croissance exponentielle et croissance linéaire, et modélisation de situations concrètes.

Ce que tu vas savoir faire

  • Reconnaître une suite géométrique et calculer sa raison.
  • Utiliser le terme général un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n.
  • Calculer la somme des termes d'une suite géométrique.
  • Comparer croissance exponentielle et croissance linéaire.
  • Modéliser une évolution (intérêts, population) par une suite géométrique.

Définition d'une suite géométrique

Règle

Une suite (un)(u_n) est géométrique si l'on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre qq, appelé raison :

un+1=un×q.u_{n+1} = u_n \times q.

Si aucun terme n'est nul, la raison se retrouve en faisant le quotient de deux termes consécutifs : q=un+1unq = \dfrac{u_{n+1}}{u_n}.

Différence essentielle avec l'arithmétique : ici on multiplie (quotient constant), là on ajoutait (différence constante).

Méthode
  1. Calcule le quotient un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n} pour plusieurs rangs.
  2. S'il est constant, la suite est géométrique : ce quotient est qq.
  3. Sinon, la suite n'est pas géométrique.
Exemple

Soit la suite 2,6,18,54,2, 6, 18, 54, \dots

62=3\dfrac{6}{2} = 3,   186=3\;\dfrac{18}{6} = 3,   5418=3\;\dfrac{54}{18} = 3.

Le quotient est constant et vaut 33 : la suite est géométrique de raison q=3q = 3.

Astuce

Arithmétique \to on ajoute (différence constante). Géométrique \to on multiplie (quotient constant). Ne les confonds pas.

Terme général d'une suite géométrique

Règle

Pour une suite géométrique de premier terme u0u_0 et de raison qq, le terme général est

un=u0×qn.u_n = u_0 \times q^n.

Si la suite démarre à l'indice 11, on a un=u1×qn1u_n = u_1 \times q^{n-1}.

Cette formule permet de calculer directement n'importe quel terme, sans passer par tous les précédents.

Méthode
  1. Repère le premier terme u0u_0 et la raison qq.
  2. Écris un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n.
  3. Remplace nn par le rang voulu et calcule la puissance qnq^n.
Exemple

Soit u0=2u_0 = 2 et q=3q = 3.

un=2×3nu_n = 2 \times 3^n.

u3=2×33=2×27=54u_3 = 2 \times 3^3 = 2 \times 27 = 54.

Vérification de proche en proche : u0=2u_0 = 2, u1=6u_1 = 6, u2=18u_2 = 18, u3=54u_3 = 54. On multiplie bien par 33 à chaque étape.

Astuce

Dans un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n, c'est qq qui est élevé à la puissance nn, pas u0u_0. Attention aussi : q0=1q^0 = 1, donc u0=u0×q0u_0 = u_0 \times q^0.

Sens de variation et signe de la raison

Règle

Pour une suite géométrique de premier terme strictement positif u0>0u_0 > 0 :

\bullet si q>1q > 1 : la suite est croissante (croissance exponentielle) ;

\bullet si 0<q<10 < q < 1 : la suite est décroissante (elle tend vers 00) ;

\bullet si q=1q = 1 : la suite est constante.

Si q<0q < 0, les termes changent de signe alternativement : la suite n'est ni croissante ni décroissante.

Méthode
  1. Vérifie le signe de u0u_0.
  2. Compare la raison qq à 11 (et à 00).
  3. Conclus : q>1q > 1 \Rightarrow croissante, 0<q<10 < q < 1 \Rightarrow décroissante.
Exemple

Pour u0=2u_0 = 2 et q=3q = 3 (q>1q > 1 et u0>0u_0 > 0) : la suite est croissante, et même très rapidement (2,6,18,54,2, 6, 18, 54, \dots).

Pour u0=100u_0 = 100 et q=0,5q = 0{,}5 (0<q<10 < q < 1) : la suite est décroissante (100,50,25,12,5,100, 50, 25, 12{,}5, \dots) et tend vers 00.

Astuce

Le seuil décisif est q=1q = 1, pas q=0q = 0 : une raison q=0,5q = 0{,}5, bien que positive, donne une suite décroissante.

Somme des termes d'une suite géométrique

Règle

Pour une raison q1q \neq 1, la somme de n+1n + 1 termes consécutifs à partir de u0u_0 vaut

u0+u1++un=u0×1qn+11q.u_0 + u_1 + \dots + u_n = u_0 \times \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.

Cas particulier très utile (premier terme 11) :

1+q+q2++qn=1qn+11q.1 + q + q^2 + \dots + q^n = \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.

Moyen mnémotechnique : « premier terme de la somme ×1qnb de termes1q\times \dfrac{1 - q^{\text{nb de termes}}}{1 - q} ». ⚠️ « premier terme » = celui que tu écris en premier dans TA somme (pas forcément u0u_0 !), et l'exposant compte les termes de TA somme. Pour u3++u8u_3 + \dots + u_8, c'est donc u3×1q61qu_3 \times \dfrac{1 - q^6}{1 - q}.

⭐ Pour les curieux — pourquoi ça marche ? Posons S=1+q+q2++qnS = 1 + q + q^2 + \dots + q^n. Multiplions tout par qq : qS=q+q2++qn+1qS = q + q^2 + \dots + q^{n+1}, c'est la même somme décalée d'un cran. Soustrayons ces deux lignes : chaque puissance qkq^k présente dans les deux (pour kk de 11 à nn) disparaît, car elle apparaît une fois dans SS et une fois dans qSqS. Il ne survit que le premier terme de SS et le dernier de qSqS : SqS=1qn+1S - qS = 1 - q^{n+1}, c'est-à-dire S(1q)=1qn+1S(1-q) = 1 - q^{n+1}. Il ne reste qu'à diviser par 1q1 - q (possible car q1q \neq 1) pour obtenir S=1qn+11qS = \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}. Toute la formule tient dans cette astuce : multiplier par qq recopie la somme en la décalant, et la soustraction balaie tout le milieu.

Méthode
  1. Repère le premier terme de la somme et la raison qq.
  2. Compte le nombre de termes : il apparaît en exposant de qq.
  3. Applique u0×1qnb termes1qu_0 \times \dfrac{1 - q^{\text{nb termes}}}{1 - q}.
Exemple

Calculons 1+3+9+27+811 + 3 + 9 + 27 + 81 (raison q=3q = 3, 55 termes).

S=13513=12432=2422=121S = \dfrac{1 - 3^5}{1 - 3} = \dfrac{1 - 243}{-2} = \dfrac{-242}{-2} = 121.

Vérification directe : 1+3+9+27+81=1211 + 3 + 9 + 27 + 81 = 121. Parfait.

Astuce

L'exposant de qq dans la formule est le nombre de termes, pas le dernier indice. Pour u0u_0 à unu_n, il y a n+1n + 1 termes.

Croissance exponentielle contre croissance linéaire

Règle

Une suite arithmétique modélise une croissance linéaire : on ajoute une quantité fixe à chaque étape (la courbe est une droite).

Une suite géométrique de raison q>1q > 1 modélise une croissance exponentielle : on multiplie par un facteur fixe à chaque étape.

À long terme, une croissance exponentielle (q>1q > 1) finit toujours par dépasser n'importe quelle croissance linéaire, aussi forte soit-elle. C'est l'« explosion » de l'exponentielle.

⭐ Pour les curieux — pourquoi ça marche ? Prenons une suite géométrique de raison q=2q = 2 à termes positifs : à chaque étape elle double, donc l'augmentation un+1un=unu_{n+1} - u_n = u_n est elle-même de plus en plus grande. Une suite linéaire, elle, ajoute toujours le même saut fixe. Or l'écart que rajoute l'exponentielle grandit sans fin (dès que q>1q>1 et que les termes sont positifs), tandis que celui de la droite reste figé : tôt ou tard le saut de l'exponentielle dépasse le saut fixe, et après il ne fait que creuser l'avance. Une image : un nénuphar qui double de surface chaque jour couvrira plus vite l'étang que dix nénuphars qu'on ajouterait un par un, car l'un accélère pendant que l'autre avance d'un pas constant.

Méthode
  1. Repère l'opération entre deux étapes : addition \to linéaire, multiplication \to exponentielle.
  2. Pour une croissance exponentielle, attends-toi à un emballement rapide.
  3. En cas de doute, calcule quelques termes pour comparer les vitesses.
Exemple

Comparons une suite arithmétique an=100+10na_n = 100 + 10n et une suite géométrique gn=2ng_n = 2^n.

Au début, ana_n domine (a5=150a_5 = 150, g5=32g_5 = 32).

Mais g10=1024g_{10} = 1024 alors que a10=200a_{10} = 200 : la géométrique a déjà largement dépassé l'arithmétique.

Astuce

« Linéaire = on ajoute, exponentielle = on multiplie. » Sur le long terme, l'exponentielle (q>1q>1) gagne toujours.

Modéliser avec une suite géométrique

Règle

Une suite géométrique modélise toute évolution à taux constant : intérêts composés, croissance ou décroissance d'une population, etc.

Augmenter de t%t\,\% revient à multiplier par le coefficient multiplicateur q=1+t100q = 1 + \dfrac{t}{100}.

Diminuer de t%t\,\% revient à multiplier par q=1t100q = 1 - \dfrac{t}{100}.

Ainsi, une évolution répétée à taux constant est exactement une suite géométrique de raison qq.

Méthode
  1. Traduis le taux d'évolution en coefficient multiplicateur qq.
  2. Identifie la valeur initiale u0u_0.
  3. Applique un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n pour la valeur après nn périodes.
Exemple

Un capital de 10001000 € placé à 5%5\,\% par an.

Coefficient : q=1+5100=1,05q = 1 + \dfrac{5}{100} = 1{,}05 ; u0=1000u_0 = 1000.

Au bout de 22 ans : u2=1000×1,052=1000×1,1025=1102,5u_2 = 1000 \times 1{,}05^2 = 1000 \times 1{,}1025 = 1102{,}5 €.

Astuce

+5%+5\,\% ne se traduit pas par « ×0,05\times 0{,}05 » mais par « ×1,05\times 1{,}05 ». De même, 20%-20\,\% donne ×0,8\times 0{,}8.

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