📐Droites et plans dans l'espace

Cours de mathématiques · Terminale

Comment décrire une droite ou un plan par des équations ? La droite se décrit par une représentation paramétrique (un point + un vecteur directeur), le plan par une équation cartésienne ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 liée à un vecteur normal. On étudie ensuite leurs positions relatives.

Ce que tu vas savoir faire

  • Écrire la représentation paramétrique d'une droite
  • Reconnaître un vecteur directeur et un point d'une droite
  • Trouver l'équation cartésienne d'un plan à partir d'un vecteur normal
  • Vérifier qu'un point appartient à une droite ou à un plan
  • Déterminer la position relative de deux droites ou d'un droite et d'un plan

Représentation paramétrique d'une droite

Règle

Une droite dd de l'espace est définie par un point A(xA;yA;zA)A\,(x_A;y_A;z_A) et un vecteur directeur u(α;β;γ)\vec{u}\,(\alpha;\beta;\gamma) non nul. Un point M(x;y;z)M\,(x;y;z) appartient à dd si et seulement si AM=tu\overrightarrow{AM}=t\,\vec{u} pour un réel tt, ce qui donne la représentation paramétrique :

{x=xA+tαy=yA+tβz=zA+tγ(tR).\begin{cases}x=x_A+t\,\alpha\\ y=y_A+t\,\beta\\ z=z_A+t\,\gamma\end{cases}\qquad (t\in\mathbb{R}).

Le réel tt est le paramètre : à chaque valeur de tt correspond un point de la droite. Les coefficients de tt donnent le vecteur directeur ; les termes constants donnent un point (t=0t=0 donne AA).

Méthode

Pour écrire une représentation paramétrique de (AB)(AB) :

  1. Prends un point, par exemple AA.
  2. Prends un vecteur directeur, par exemple u=AB\vec{u}=\overrightarrow{AB}.
  3. Écris x=xA+tαx=x_A+t\alpha, y=yA+tβy=y_A+t\beta, z=zA+tγz=z_A+t\gamma avec u(α;β;γ)\vec{u}\,(\alpha;\beta;\gamma).
Exemple

Droite passant par A(1;0;2)A\,(1;0;2) de vecteur directeur u(2;1;3)\vec{u}\,(2;-1;3) :

{x=1+2ty=tz=2+3t(tR).\begin{cases}x=1+2t\\ y=-t\\ z=2+3t\end{cases}\qquad (t\in\mathbb{R}).

Astuce

🔎 Pour lire le vecteur directeur, regarde les coefficients de tt. Pour un point de la droite, prends t=0t=0.

Appartenance d'un point à une droite

Règle

Un point M(xM;yM;zM)M\,(x_M;y_M;z_M) appartient à la droite dd de représentation paramétrique donnée si et seulement s'il existe une même valeur de tt qui satisfait les trois équations à la fois.

On détermine tt avec une coordonnée, puis on vérifie que ce tt convient pour les deux autres. Si une seule équation n'est pas vérifiée, le point n'est pas sur la droite.

Méthode

Pour tester si MdM\in d :

  1. Choisis une coordonnée pour calculer tt (par ex. xM=xA+tαx_M=x_A+t\alpha).
  2. Reporte ce tt dans les deux autres équations.
  3. Si tout colle ⇒ MdM\in d ; sinon ⇒ MdM\notin d.
Exemple

Droite {x=1+2ty=tz=2+3t\begin{cases}x=1+2t\\ y=-t\\ z=2+3t\end{cases}, point M(5;2;8)M\,(5;-2;8).

De x=5=1+2tx=5=1+2t, on tire t=2t=2. On vérifie : y=2y=-2 ✓ et z=2+3×2=8z=2+3\times 2=8 ✓. Donc MdM\in d.

Astuce

⚠️ Le même tt doit marcher pour les trois coordonnées. Ne te contente jamais d'une seule équation vérifiée.

Vecteur normal et équation cartésienne d'un plan

Règle

Un vecteur normal à un plan P\mathcal{P} est un vecteur n\vec{n} non nul orthogonal à tous les vecteurs du plan. Un plan est entièrement déterminé par un point AA et un vecteur normal n(a;b;c)\vec{n}\,(a;b;c).

M(x;y;z)PM\,(x;y;z)\in\mathcal{P} si et seulement si AMn=0\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n}=0. En développant, on obtient l'équation cartésienne du plan :

ax+by+cz+d=0,ax+by+cz+d=0,

(a;b;c)(a;b;c) sont précisément les coordonnées d'un vecteur normal, et dd se calcule en injectant les coordonnées du point AA. Réciproquement, toute équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 (avec (a;b;c)(0;0;0)(a;b;c)\neq(0;0;0)) est celle d'un plan de vecteur normal n(a;b;c)\vec{n}\,(a;b;c).

⭐ Pour les curieux — pourquoi ça marche ? D'où sortent les coefficients (a;b;c)(a;b;c) ? Il suffit de développer la condition AMn=0\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n}=0 avec n(a;b;c)\vec{n}\,(a;b;c) et A(xA;yA;zA)A\,(x_A;y_A;z_A) : a(xxA)+b(yyA)+c(zzA)=0a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0. En distribuant, ça devient ax+by+cz  (axA+byA+czA)=d=0ax+by+cz\;\underbrace{-(ax_A+by_A+cz_A)}_{=\,d}=0. Les coefficients de x,y,zx,y,z sont donc forcément ceux du vecteur normal, et la constante dd n'est rien d'autre que (axA+byA+czA)-(ax_A+by_A+cz_A) : on comprend pourquoi on lit n\vec{n} directement dans l'équation, et pourquoi dd s'obtient en injectant un point.

Méthode

Pour trouver l'équation cartésienne d'un plan :

  1. Identifie un vecteur normal n(a;b;c)\vec{n}\,(a;b;c) : l'équation commence par ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.
  2. Injecte les coordonnées d'un point AA du plan pour trouver dd.
  3. Conclus avec l'équation complète.
Exemple

Plan passant par A(1;2;1)A\,(1;2;-1) de vecteur normal n(2;1;3)\vec{n}\,(2;-1;3).

Équation de la forme 2xy+3z+d=02x-y+3z+d=0. En AA : 2×12+3×(1)+d=223+d=3+d=02\times 1-2+3\times(-1)+d=2-2-3+d=-3+d=0, donc d=3d=3.

Équation : 2xy+3z+3=0.2x-y+3z+3=0.

Astuce

💡 Les coefficients (a;b;c)(a;b;c) de l'équation sont les coordonnées d'un vecteur normal : tu les lis directement !

Appartenance d'un point à un plan

Règle

Un point M(xM;yM;zM)M\,(x_M;y_M;z_M) appartient au plan d'équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 si et seulement si ses coordonnées vérifient cette équation, c'est-à-dire si :

axM+byM+czM+d=0.a\,x_M+b\,y_M+c\,z_M+d=0.

Il suffit donc de remplacer xx, yy, zz par les coordonnées de MM et de vérifier que le résultat est nul.

Méthode

Pour tester si MPM\in\mathcal{P} :

  1. Remplace x,y,zx,y,z par xM,yM,zMx_M,y_M,z_M dans ax+by+cz+dax+by+cz+d.
  2. Calcule la valeur obtenue.
  3. Si elle vaut 00MPM\in\mathcal{P} ; sinon ⇒ MPM\notin\mathcal{P}.
Exemple

Plan 2xy+3z+3=02x-y+3z+3=0 et point M(0;3;0)M\,(0;3;0).

2×03+3×0+3=03+0+3=02\times 0-3+3\times 0+3=0-3+0+3=0 ✓. Donc MM appartient au plan.

Astuce

🧠 « Remplacer et tester si ça fait 00 » : c'est aussi simple que pour une équation de droite dans le plan.

Positions relatives

Règle

Deux droites de l'espace peuvent être : coplanaires (sécantes en un point, ou strictement parallèles, ou confondues) ou non coplanaires (elles n'ont aucun point commun et ne sont pas parallèles). On compare leurs vecteurs directeurs (colinéaires ⇒ parallèles) puis on cherche un point commun.

Une droite et un plan : si le vecteur directeur u\vec{u} de la droite et le vecteur normal n\vec{n} du plan vérifient un=0\vec{u}\cdot\vec{n}=0, la droite est parallèle au plan (incluse dedans, ou strictement parallèle). Si un0\vec{u}\cdot\vec{n}\neq 0, la droite est sécante au plan en exactement un point.

Deux plans : si leurs vecteurs normaux sont colinéaires, ils sont parallèles ; sinon ils sont sécants selon une droite.

⭐ Pour les curieux — pourquoi ça marche ? Pourquoi un=0\vec{u}\cdot\vec{n}=0 signifie « droite parallèle au plan » et non « perpendiculaire » ? Imagine une table (le plan) et un clou planté tout droit dedans (le vecteur normal n\vec{n}) : il pointe hors de la table. Un vecteur u\vec{u} orthogonal à ce clou ne peut pas grimper ni plonger par rapport à la table : il reste à plat. La droite ne traverse donc pas le plan : ou bien elle lui est strictement parallèle, ou bien elle est carrément contenue dedans (pour trancher, on teste si un point de la droite vérifie l'équation du plan). À l'inverse, si un0\vec{u}\cdot\vec{n}\neq 0, c'est que u\vec{u} a une part qui « monte » le long du clou : la droite traverse le plan et le coupe en un unique point.

Méthode

Pour la position d'une droite dd et d'un plan P\mathcal{P} :

  1. Lis u\vec{u} (directeur de dd) et n\vec{n} (normal de P\mathcal{P}).
  2. Calcule un\vec{u}\cdot\vec{n}.
  3. Si 0\neq 0 ⇒ sécants (un point d'intersection, obtenu en remplaçant la paramétrisation dans l'équation). Si =0=0 ⇒ parallèles (vérifie avec un point si la droite est incluse).
Exemple

Droite {x=1+2ty=tz=2+3t\begin{cases}x=1+2t\\ y=-t\\ z=2+3t\end{cases} (directeur u(2;1;3)\vec{u}\,(2;-1;3)) et plan x+y+z1=0x+y+z-1=0 (normal n(1;1;1)\vec{n}\,(1;1;1)).

un=2×1+(1)×1+3×1=21+3=40\vec{u}\cdot\vec{n}=2\times 1+(-1)\times 1+3\times 1=2-1+3=4\neq 0 : la droite est sécante au plan. On trouve le point en remplaçant : (1+2t)+(t)+(2+3t)1=2+4t=0(1+2t)+(-t)+(2+3t)-1=2+4t=0, donc t=12t=-\dfrac{1}{2}.

Astuce

🔑 Droite ∥ plan ⇔ vecteur directeur orthogonal au vecteur normal (un=0\vec{u}\cdot\vec{n}=0). C'est contre-intuitif mais logique : la droite « glisse » le long du plan.

Intersection d'une droite et d'un plan

Règle

Quand une droite dd est sécante à un plan P\mathcal{P} (c'est-à-dire un0\vec{u}\cdot\vec{n}\neq 0), elle le coupe en exactement un point. On le trouve en injectant la représentation paramétrique de dd dans l'équation cartésienne de P\mathcal{P}.

On remplace xx, yy, zz par leurs expressions en fonction de tt ; on obtient une équation du premier degré en tt, qu'on résout. La valeur t0t_0 trouvée, réinjectée dans la paramétrisation, donne les coordonnées du point d'intersection.

Si l'équation en tt n'a aucune solution, la droite est strictement parallèle au plan ; si elle est vérifiée pour tout tt, la droite est incluse dans le plan.

Méthode

Pour trouver l'intersection de dd et P\mathcal{P} :

  1. Remplace x,y,zx,y,z de la paramétrisation dans l'équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.
  2. Résous l'équation du premier degré en tt.
  3. Remplace tt par sa valeur dans la paramétrisation pour obtenir le point.
Exemple

Droite {x=ty=1+tz=2t\begin{cases}x=t\\ y=1+t\\ z=2-t\end{cases} et plan x+y+z6=0x+y+z-6=0.

t+(1+t)+(2t)6=t3=0t+(1+t)+(2-t)-6=t-3=0, donc t=3t=3. Le point d'intersection est (3;4;1)(3;4;-1).

Astuce

🔑 Une seule inconnue (tt) après substitution : l'équation est du premier degré, donc facile à résoudre. Pense à vérifier d'abord que un0\vec{u}\cdot\vec{n}\neq 0 (sinon pas d'intersection unique).

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